Au commencement fut… Lilith

Adam et Eve auraient pu être heureux.

Vivre éternellement dans un Paradis aussi définitif que… Euh… Paradisiaque.

Mais cette Eve, tout de même !

Bon. Ça, c’était avant.

Mais encore avant ?

Savez-vous ce qu’il y avait avant ? Encore avant ?

Très très avant Eve, il y avait Lilith. Il y eut Lilith.

Et c’est là que les choses se compliquent.

Car Lilith, la Bible n’en parle pas vraiment. Alors, d’où sort-elle ? A vrai dire, je ne m'en souviens plus exactement, mais je vais quand même essayer de vous raconter l’histoire de Lilith.

Je mentionnerai d’abord qu’en astrologie, Lilith est le nom d’un point astronomique « où quelque chose manque ». Celui que l’on appelle aussi « la Lune Noire ».

En effet, la Lune et la Terre tournent l’une autour de l’autre (Lune autour de l’Autre) suivant une orbite non pas circulaire mais ellipsoïdale.

Or, une ellipse a deux centres. Dans cette éternelle ellipse sidérale, Lune et Terre occupent le premier centre à tour de rôle. Mais qui occupe le second ? Personne. A cet endroit, il n’y a rien. En tout cas, rien que nous puissions voir…

Ce mystère astronomique de l’absence d’un corps céleste est résolu par l'astrologie qui a baptisé ce « point vide » la Lune Noire ou Lilith.

En astrologie, la Lune Noire, Lilith, symbolise la partie cachée de l’être humain, l’inavouable, celle qui, bien que naturelle, nous fait parfois peur ou honte car elle heurte les principes les plus élémentaires de la morale que nous sommes tous censés acquérir grâce à l’éducation, entre autre.

Lilith est donc la sexualité fantasmatique relevant plus de la pornographie, du plaisir, de l'érotisme que du désir sacré de procréer. C'est aussi l’instinct animal primaire de violence et de destruction, la sorcellerie noire intime. Lilith symbolise aussi, la profondeur la plus sombre de l’humanité que chacun porte en lui, son alchimie diabolique, tout ce qui rend détestable, dangereux, asocial.

Telle est Lilith : l'ange démoniaque veillant en chacun de nous. Celui qui nous pousse à ce que nous appelons vice.

Mais, ce que vous ne savez peut-être pas (et que la Bible se cache bien de révéler clairement), c’est que Lilith fut aussi la première épouse d’Adam.

Donc, reprenons depuis le début.

Après avoir créé le monde, en sept jours, Dieu tira du limon le premier homme : Adam. (En hébreu, a Aleph signifie : provenant de, issu de et dam signifie : sang).

Adam, provenant du sang, tiré du limon (mais lequel ?) devait avoir une épouse « pour qu’il croisse et se multiplie ».

Alors Dieu créa l’épouse d’Adam de la même façon que lui : en la tirant de la glaise.

L’heureuse élue fut nommée Lilith.

Dieu espérait avoir créé une Adam au féminin : docile, respectueuse et suffisamment fade et influençable pour que « la parole s’accomplisse » et que Lilith croque la pomme… Et vous connaissez la fin de l’histoire.

Mais que nenni !

Lilith se révéla vite être d’une intelligence débordante, d’une curiosité insatiable, avide d’apprendre, d’expérimenter et, surtout, de comprendre. Bref, en quelques mots, une forte personnalité. Tout le contraire de la femme soumise, douce et silencieuse qu’on espérait.

De plus, elle était d’une extrême sensualité, plus motivée par le plaisir charnel que la procréation, imposant tous ses caprices à notre pauvre Adam.

Devant sa création féminine, Dieu se grattait la tête, fort embarrassé. Pour sûr que cette effrontée de Lilith ne goûterait pas la pomme aussi facilement ! Séduit et persuadé par elle, le serpent aurait fini par l’avaler lui-même, faisant ainsi mentir les écritures.

Alors, que faire pour que l’épouse d’Adam ait un caractère aussi effacé que lui ?

La solution s’imposa d’elle-même à son Esprit Divin : créer une compagne non pas « tirée du limon » mais « tirée d’Adam ».

La suite, tout le monde la connaît.

Après avoir détruit Lilith, (mais l’histoire ne dit pas comment), Dieu fabriqua la seconde épouse d’Adam d’après « une côte » qu’il lui préleva pendant son sommeil.

Il prénomma cette nouvelle épouse Eve.

De cette façon, issue d’Adam, Eve était dotée de la même intelligence que lui, ce qui lui permit de se laisser piéger par le serpent, contrairement à Lilith.

C’est ainsi qu’Eve croqua la pomme et la fit croquer à son époux.

Et c’est pour ça qu’aujourd’hui, nous ne sommes que d’humbles petites personnes tentant de survivre dans un monde sans pitié…

Bon, ça c’est pour le must ! Et je me doute bien que cette interprétation n’est pas celle dont vous avez l’habitude.

Mais la Bible peut s’interpréter de tant et tant de façons !

A ce propos, je vous entraîne dans une petite digression d'interprétation kabbalistique, que je trouve une des plus cohérentes de celles que j’aie reçues. Ou plutôt, celle qui correspond le mieux à mes convictions personnelles.

Mais évidemment, dans ce domaine, chacun est libre d’interpréter à sa manière !

Au niveau kabbalistique et d’après le notarikon, ce qui fut traduit par « la côte d’Adam » signifiait en réalité « l’autre côté d’Adam », c'est-à-dire, sa part féminine, son anima. Le complément indispensable que chacun doit développer en lui-même pour devenir ce qu’on appelle un être équilibré : l’animus qui correspond à l’action l’anima qui correspond au sentiment.

Ainsi, nous pourrions interpréter l’histoire d’Adam d’une façon toute différente :

Dieu tira Adam du « limon ». Mais il s’aperçut vite qu’Adam n’était qu’une moitié de lui-même, probablement sa part masculine, animus l'action. Il éveilla donc « l’autre côté » d’Adam, son côté Eve, sa part féminine, anima le sentiment.

De cette façon, Adam devenait un être complet : action et sentiment. L’harmonie parfaite que nous recherchons tous. Et qu’il perdit lorsque « Eve » sa part anima de sentiment « croqua la pomme », c'est-à-dire, voulut acquérir « la Connaissance ».

La question est alors : quelle pouvait bien être cette « Connaissance » interdite au point de déséquilibrer la création humaine de Dieu, de transformer la vie d’Adam en enfer en le condamnant à rechercher éternellement cette part de lui-même qui, maintenant lui manque tant ?

Sans doute, une « Connaissance » très spéciale

En croquant la pomme, Adam reperdit-il la moitié de lui-même ?

Ça, c’est une autre histoire... Que je vous raconterai plus tard, peut-être...

Ajouter un Commentaire