Richesse ou richesse ?

Pour qui apprend à l’interpréter autrement, la Bible n’a rien de comparable avec ce que nous enseignent le catéchisme et la religion moderne, presque totalement dépouillée de ses aspects magiques.

En réalité, si on l’analyse suivant l’enseignement de la Tradition Kabbalistique, la Bible est un mode d’emploi révélant les clés nécessaires à notre évolution personnelle, afin de nous approcher le plus possible de ce qui, pour nous, représente Dieu. Et nous apporter la sérénité.

Ainsi, dans la Bible, tout est symbolique. D’ailleurs, Jésus lui-même prenait plaisir à parsemer ses paraboles d’images que, seuls, ceux qui y réfléchissaient vraiment pouvaient comprendre.

Connaissances voilées, dévoilées, revoilées…

Alors, dans la Bible, qu’en est-il de la richesse ? Péché ou vertu ? C’est que le mystère est bien gardé !

Si l’on s’en réfère à la parabole du riche et du pauvre se retrouvant au Paradis, que se passe-t-il ?

Lazare, malade et mourant de faim contre le portail du riche se retrouve, comblé d’amour et de bienfaits, dans « le Sein d’Abraham », un des noms initiatiques du Paradis.

Alors qu’à sa mort, le riche dont on ne donne même pas le nom se retrouve, lui, dans les flammes de l’enfer où il souffre de la soif et de la faim. Lui qui, de son vivant, a toujours refusé de partager sa nourriture avec Lazare, se retrouve seul et rejeté.

De façon simpliste, cette parabole signifierait : les pauvres iront au Paradis, les riches iront en enfer. D’où la déduction logique : être riche est un péché. Donc, restons pauvres pour gagner le paradis.

Et hop ! Ainsi fut programmé le cerveau de milliers et de milliers de jeunes catéchistes, entre autre le mien. Et, comme beaucoup de catholiques, j’en conclus que « devenir riche, c’est mal ». Blocage de pensée qui me poursuivit longtemps.

Qu’en est-il exactement ?

En hébreu carré, un mot peut être analysé suivant plusieurs méthodes : le « Notarikon », la Gematria et la Temura. Sans entrer dans les détails, ces méthodes consistent, entre autre, à déplacer les lettres d’un mot pour en trouver d’autres, à rechercher la racine de ce mot et à analyser les lettres qui restent. De plus, chaque lettre hébraïque a une valeur numérique, mathématique et symbolique. Donc, chaque chiffre correspond également à un symbole, un type de comportement, etc. Ces multiples combinaisons donnent à chaque mot une richesse insoupçonnée.

Ainsi, passé par ces trois filtres, chaque mot révèle des vérités secrètes, totalement différentes de celles qu’on nous enseigne.

C’est justement le cas du mot richesse qui, dans la parabole de Lazare, ne correspond pas à la richesse matérielle ni à l’acquisition de biens avec les vices que cela peut entraîner. Bien que le « riche » en question soit « riche ».

De même, la pauvreté n’est en rien le manque de biens matériels, bien que le « pauvre » soit « pauvre ».

Alors, comment interpréter ces notions ?

A un degré différent, est « riche » celui qui s’imagine pouvoir vivre par lui-même, sans relation avec « les autres », puis « l’autre », puis « le Tout Autre », donc Dieu. Il estime qu’il se suffit à lui-même pour se réaliser. Il vit de façon très égoïste. Mais ressentant malgré tout ce grand vide existant en chacun de nous, il s’efforce de le combler par les acquisitions matérielles toujours plus nombreuses qui ne laissent aucune place à l’autre. Il vit dans l’unique but égotique, la pensée de l’avoir. Et de posséder toujours plus car le vide ne peut être comblé par le matériel qui ne fait que l’appauvrir spirituellement.

Quant au « pauvre », lui est conscient qu’il n’est rien sans sa relation « aux autres » puis, « à l’autre » puis au « Tout Autre ». Il est donc dans la pensée d’être et comprend que seul, l’autre et l’amour pourra combler son vide intérieur. Car ce vide n’est autre que la place que nous devons laisser à l’autre en nous. Le pauvre vit donc dans l’échange, le partage et le respect de l’autre. Ce qui, naturellement, crée des relations d’amour toujours plus fortes. Et qui l’enrichissent spirituellement.

Dans cette parabole, la pauvreté ne serait donc que la conscience du manque de l’autre en nous, manque qui sera comblé dans « le Sein d’Abraham », donc dans l’amour. Et la richesse, c’est l’arrogante illusion de vouloir vivre sans l’autre. Donc dans l’extrême pauvreté des sentiments.

Comme quoi, un terme mal traduit peut conditionner et manipuler les esprits pendant des siècles. Car, une fois décryptée, cette parabole n’a rien à voir avec l’argent. La richesse matérielle n’est donc ni un péché, ni un aller direct pour l’enfer. Juste une énergie à acquérir et à utiliser avec discernement.

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