bus

 

 

Malgré mes nombreuses années à étudier le comportement humain, j’ai encore des réactions de surprise. Je crois que la découverte de l’homme est un puits sans fond et que, dans ce domaine dit « de science inexacte », j’aurai toujours à apprendre.

Alors, que ceux qui pensent se reconnaître dans mes articles ne m’en veuillent pas. Je ne vise personne en particulier. Nous nous ressemblons tous et nous réagissons tous à peu près de la même façon devant les mêmes événements.

A part ceux qui… Bien sûr…

En voici un petit exemple que j’ai toujours trouvé rigolo : il s’appelle « le syndrome de l’arrêt du bus ».

Imaginez un arrêt de bus et les gens qui attendent.

Le bus arrive, s’approche… Et ne s’arrête pas.

Que se passe-t-il ?

Les gens froncent les sourcils, se regardent les uns les autres, mine de rien. Puis, c’est tout. Chacun reste dans son territoire et le garde bien protégé. En réalité, chacun attend que quelqu’un d’autre que lui réagisse par la parole. Mais rien !

Arrive un deuxième bus… Qui ne s’arrête pas non plus.

Que font les gens ? Exactement la même chose. Chacun se regarde en catimini mais aucun ne fera une réflexion. Pourtant, chacun commence à marquer quelques signes d’agitation. Mais toujours pas un mot.

Passe un troisième bus, même scénario, mêmes réactions. Mais là, les gens commencent à se regarder franchement d’un air interrogateur et mécontent. Se moquerait-on d’eux par hasard ?

Il faudra un quatrième bus pour que, piquée au vif, une personne se décide enfin à faire un commentaire, ce qui, enfin, entraînera tout le groupe dans la discussion.

C’est uniquement à ce moment-là que les barrières vont tomber et que chacun osera sortir de ses retranchements pour communiquer.

Parce qu’on s’est cru pris pour un idiot.

Observez autour de vous. C’est souvent comme ça.

Boris Vian disait : « On ne reste pas parce qu’on aime certaines personnes. On s’en va parce qu’on en déteste d’autres. Il n’y a que le moche qui nous fasse agir ». (L’herbe rouge).

« Que le moche qui provoque des réactions »… Des réactions qui risquent fort de dégénérer.

Pour endiguer ces tendances instinctives, il existe une méthode toute simple. Celle du « leader ship ».

Le leader ship, c’est la personne qui « osera » intervenir la première.

Quand vous allez danser, vous lancez-vous les premiers sur la piste, surtout si vous êtes seul ? C’est tellement rare que ce sont des danseurs professionnels qui commencent pour « décomplexer » les autres.

Alors, maintenant, observez autour de vous et essayez de repérer le « leader ship » d’un groupe, la personne qui osera intervenir la première.

Cet état de leader ship, c’est quelque chose qui s’apprend. Et qui demande d’apprivoiser la réserve dont nous sommes tous marqués. Celle qui nous protège de notre peur instinctive de l’autre.

Cela implique une nécessité à « décoincer » ce qui nous freine tous, le plus souvent : la méfiance, la pudeur, le manque de confiance en nous. Et cela favorise des comportements de communication : ouvrir le dialogue, ouvrir le débat, inviter à un partage.

Tout ce qui fait qu’une personne aura ou non envie de s’exprimer.

Mais, dans ce domaine, il existe une règle essentielle : ce qui compte n’est pas tant ce que l’on dit mais surtout la façon dont on le dit.

Une autre règle est aussi importante : éviter de dévaloriser l’autre. Ce ne serait que manifester notre propre peur de valoir moins que lui et provoquer des réactions de défense néfastes à la communication.

Alors, si nous communiquions ?

En attendant le bus, par exemple…

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